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Pont des trous : intervention du Ministre Maxime Prévot suite à la consultation des tournaisiens.

Ce mardi matin, interrogé par la Députée Véronique Waroux en commission du Parlement Wallon, le Ministre Maxime Prévot a remis les pendules à l’heure !

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Ci-dessous, la retranscription de son intervention :

« La volonté c’est de faire une structure en pierre ? Nonobstant les réserves qui avaient été exprimées à l’époque, y compris par les experts du Patrimoine qui n’apprécient guère généralement le faux vieux. Et je rappelle que la résille avait fait l’objet d’un accord unanime de tous les interlocuteurs, justifiant jusqu’à l’obtention du certificat de Patrimoine. Soit. Moi je n’ai pas à me prononcer comme Ministre sur l’opportunité locale d’avoir organisé ou non une consultation populaire, j’ai juste fait savoir par un courrier que dès lors que le Collège communal me ferait connaître sa position en suite de la tenue de la consultation populaire, je suivrais la suggestion qui m’est faite par le collège. Et j’ai bien dit et écrit, par le Collège, puisque rappelons qu’intellectuellement et principalement, une Consultation populaire n’est pas contraignante, c’est un avis. Donc, dans l’absolu, le Collège pouvait, de manière tout à fait souveraine, y réserver la suite, X ou Y, en fonction de ce que l’autorité politique décidait.

J’ai bien entendu, même si je n’en ai pas encore été officiellement avisé, que hier soir le Conseil communal, donc une structure qui est plus souveraine encore que le collège, demande à la Région que l’on modifie le projet pour tenir compte de la pierre, en suite des résultats de la consultation populaire. Aucun problème, comme je m’y suis engagé, je vais dès lors donner instruction à ce que l’on retire de la démarche du permis le seul volet relatif au pont des trous, pour que l’on puisse alors recommencer le processus pour obtenir une alternative en pierre. Je m’y étais engagé, je le ferai. Le signal qui a été envoyé par les Tournaisiens sera entendu et respecté.

Mais j’entends aussi disposer demain d’interlocuteurs locaux qu’ils ne soient plus versatiles et qu’ils ne changent pas d’avis au gré des opportunités, sans quoi ce sera compliqué de pouvoir mettre en œuvre ce dossier, qui est pourtant d’une importance majeure, au-delà de Tournai, pour toute la Wallonie picarde, sur le plan socio-économique. J’entends maintenant plaider pour un concours international d’architecture. J’ose espérer qu’on ne veut pas faire du Calatrava avec le Pont des Trous, nonobstant la qualité intrinsèque de l’architecte.

Mais soyons clair : je n’entends pas gérer mes compétences en fonction des tweets des uns ou des autres. Et, en la circonstance, j’ai des réserves sur l’opportunité de lancer pareil concours international. Pourquoi ? Parce que en vertu de ce même principe de confiance ébranlée, si demain on fait un concours il va y avoir, je ne sais pas mois, 5 ou 6 versions différentes toutes avec de la pierre, comment va-t-on trancher ? Est-ce qu’on va refaire une consultation populaire ? Est-ce que à un moment donné, si le Collège tranche pour une option, est-ce que je peux être sûr qu’il va la maintenir jusqu’au bout ?

Donc, indépendamment de cet aspect-là, il y a surtout un enjeu de délais. Rien que le fait de redonner instruction maintenant pour la structure en pierre va nécessiter un processus de nouveau certificat de patrimoine qui prend en général au minimum un an. Il est impératif que le permis soit obtenu au grand plus tard sur le Pont des Trous en 2017, sans quoi on ne serait pas en capacité avant 2020 de pouvoir boucler l’ensemble et si nous n’avions réalisé qu’une partie des différentes phases, on peut craindre – sans être certain évidemment de la chose -, mais que l’Europe nous reproche alors de ne pas avoir pu concrétiser le projet pour lequel elle avait accepté le co-financement et qu’il puisse alors y avoir une remise en cause partielle de ces mêmes subventions octroyées.

Alors, quant aux chiffres de 12, 14 ou autres, je laisse le soin à Monsieur Loyaerts de la responsabilité de ces chiffres. Personnellement, je n’ai pas d’éléments qui me permettent de les valider, ou de les invalider. Simplement, on doit être conscient qu’il y a un timing à respecter. C’est d’ailleurs ce qui constitue l’ADN des financements européens.

Soit, j’en ai accepté l’augure, on va donner instructions, c’est la pierre qui sera retenue. Mais je préfère, plutôt que de m’embarquer dans un élément qui risque d’hypothéquer en plus le délai d’obtention du permis, partir dans un processus où on va collectivement, au besoin en collaboration avec les experts-architectes que la ville de Tournai souhaitera nous recommander, pour qu’on ajuste le tir de l’épure actuelle. Parce que j’ai bien entendu aussi que nonobstant le fait qu’il y a un choix qui se soit porté massivement pour la pierre, plutôt que la résille, il y ait aussi une volonté d’en modifier le trait architectural. Pas de problème. Je suis conscient que ce qui a été proposé peut être perçu comme une épure inachevée. Travaillons alors à l’améliorer, à avoir un meilleur dessin, mais je ne suis pas convaincu que ça doive nécessairement passer par un concours international, même si principalement je ne le balaye pas d’un revers de main. Mais j’ai des réserves quant à l’opportunité et l’efficacité. D’autant que si le concours au final, devait aboutir sur une esquisse qui n’était pas énormément différente de l’actuelle, il pourrait y avoir des risques aussi sur le plan contractuel et propriétés intellectuelles.

Donc, j’entends bien respecter le choix des Tournaisiens, donner instructions pour que ce soit la pierre, pour que l’on recommence un certificat de patrimoine nonobstant les grandes réserves que ma direction général me fait connaître parce que évidemment, ils sont un peu dépités d’avoir consacrés autant de temps et d’énergie depuis autant d’années pour au final avoir un signal selon lequel ils doivent recommencer à zéro. Soit, ça c’est ma responsabilité de donner instruction que l’on recommence à zéro le processus. On va améliorer le trait architectural pour pouvoir le tirer vers le haut, mais je ne suis pas convaincu que ça nécessite pour autant une procédure qui sera longue, fastidieuse, de concours international d’architecture.

S’agissant de la remise en cause des phases : je n’y toucherai plus. Le phasage, puisqu’il y a quatre phases, a été concerté lors d’une réunion que j’ai tenue avec Monsieur Demotte et c’est avec lui que j’ai convenu de ces phases. Je ne vais dès lors pas les remodifier maintenant, sans quoi ça va causer un préjudice beaucoup trop large et beaucoup trop important à la bonne mise en œuvre du dossier et avec ses chances de succès. Et autant je n’ai pas de problème à suivre l’avis des Tournaisiens sur le Pont des Trous, autant je ne peux pas prendre le risque d’hypothéquer la mise en œuvre des autres phases au regard de l’intérêt général qui est aussi celui de la mise à gabarit de cette voie navigable si stratégique pour le déploiement socio-économique de la Wallonie.

Photo de François Schillings.

Mais donc, en un mot comme en cent pour clôturer : le message des Tournaisiens sera entendu, il sera suivi d’effets. On travaillera sur la pierre et sur un rajustement du trait architectural. Je n’ai pas la conviction que ça nécessite pour autant un concours international nouveau qui risquerait de faire peser quelques hypothèques additionnelles sur la bonne marche et le bon suivi du dossier.

Et reconnaissons que ce n’est pas évident lorsque depuis plusieurs années, vous travaillez sur un dossier d’une telle importance, et qu’il y ait un revirement de situation dans le chef de ce qui était jusque-là vos interlocuteurs, et qui le resteront demain mais je vais veiller aussi personnellement à avoir un contact avec le Collège, pour m’assurer qu’il y aura maintenant une clarté et une adhésion totale sur le fait que le projet qui émergera de ce processus d’amélioration sera bien celui sur lequel le Collège validera la mise en œuvre pour ne pas recommencer le processus d’ici quelques mois, merci.

Le ministre Maxime Prévôt réagit au vote des Tournaisiens et à la décision de la Ville de Tournai .

Posté par Pacifique FM – Officiel sur mardi 27 octobre 2015

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