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oct
20
ven
2017
18:30 En Quête de l’Au Delà – Wallace
En Quête de l’Au Delà – Wallace
oct 20 @ 18:30 – 20:00
En Quête de l'Au Delà - Wallace
Laurent, Jasmine et Patrick vous emmènent dans l Au delà, de l’autre côté du voile, où on y rencontre les « esprits » mais aussi ils vous parlent des grands mystère de l’humanité, et de spiritualité.
oct
21
sam
2017
09:00 Pacifique Job FOREM – Juliette e...
Pacifique Job FOREM – Juliette e...
oct 21 @ 09:00
Pacifique Job FOREM - Juliette et Adeline
Une émission réalisée et diffusée en collaboration et avec les chargées de communication du FOREM de Tournai et de Mouscron. Le Forem donne rendez-vous aux personnes à la recherche d’un job dans son émission hebdomadaire[...]

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Maison en terre, eau de pluie, compost : écolo convaincue, on me prend pour une folle

Véronique a 57 ans. Elle vit dans l’ouest de la France, sur une zone agricole, dans une maison en torchis. Elle consomme le moins possible d’eau et d’électricité, se passe au maximum de son frigo et vit alternativement dans différentes pièces de sa maison en fonction des saisons. Écologiste, elle l’est résolument. Désespérée par le monde qui l’entoure ? Sûrement un peu aussi. Témoignage.

Au début, je cherchais juste du calme. Il y a une dizaine d’années, j’ai vendu le magasin de jouets dont j’étais propriétaire et dans lequel je travaillais, sur la côte ouest de la France.
C’était un endroit rempli de couleurs et d’enfants, je l’aimais beaucoup. J’habitais l’appartement juste au-dessus. Mais au bout d’un moment, j’ai commencé à très mal vivre le fait d’être dans le bruit, le stress et l’agitation permanente.
Tout a commencé avec une maison en terre

 

La maison de Véronique avant rénovation (DR).

J’ai vendu le magasin et j’ai acheté une petite maison de 90m2 – la moins chère –, située dans une zone agricole non loin de là. Je voulais juste du silence. Elle était dans un si mauvais état que quand ma fille est venue la voir, elle ne pensait pas que je pourrais vivre dedans.
Au début, je ne savais pas que cette maison était en terre, les enduits extérieurs étant en ciment. Quand je l’ai appris, je me suis dit qu’elle allait fondre. Je ne connaissais rien à ce matériau alors j’ai commencé à me renseigner, notamment auprès de mon voisin, qui semblait assez au fait du sujet. Il fallait dans tous les cas que je dégage ces revêtements en ciment brut, qui étaient vraiment moches.
Il m’a expliqué que je pourrais trouver de quoi faire de l’enduit en creusant mon jardin, puisque nous vivions sur des terres argileuses. Je ne l’ai pas fait tout de suite mais j’ai eu comme un déclic. Au milieu de cette zone agricole où l’épandage fait loi, où les arbres sont régulièrement abattus et où les engins de chantiers sont partout, je me suis sentie plus écolo que jamais.
Le moment de vivre autrement
Après tout, j’étais au chômage. Mes revenus fondaient comme neige au soleil. Il était peut-être temps d’essayer de vivre autrement, d’avoir une vie active différente de celle qui plaît à Pôle Emploi. Alors j’ai fait des choix. J’ai décidé d’organiser ma nouvelle vie en me posant deux questions :
– Comment faire pour vivre avec le moins d’argent possible ?

– Comment vivre en détruisant le moins possible autour de moi ?
J’ai commencé par faire moi-même mes premiers enduits de terre et de chaux pour rénover les murs de la maison. Honnêtement, je suis tombée un peu amoureuse de l’enduit. C’est une expérience très particulière que celle de rénover de ses mains le lieu que l’on va habiter. C’est même assez sensuel, il faut le dire. Après ça, j’ai vraiment eu l’impression que ma maison était particulière, que l’atmosphère qui y régnait était profondément sereine, agréable, accueillante. C’était vraiment devenu chez moi.
Un peu plus tard, j’ai utilisé l’argile que mon voisin m’avait proposé – il avait un stock d’environ 100m3 – pour construire un abri de jardin. J’ai commencé par faire un dessin et une maquette pour voir si c’était une bonne idée. L’essai étant concluant, je me suis lancée. J’ai trié les ardoises qui serviraient à construire la base des murs et j’ai monté le tout.

 

L’abri de jardin et ses bases en ardoises, pendant sa construction (DR).

 

Chauffer au bois, mettre un pull et vivre selon les saisons
Dans cette maison, où aucun angle n’est vraiment droit, je dispose tout de même d’un certain confort. Je suis abonnée à l’eau et au gaz qui me coûtent respectivement 70 et 40 euros par an. Pour l’électricité, je paie 25 euros par mois. Je pensais avoir recours à des panneaux photovoltaïques, mais cette solution était en fait hors de prix.
La maison fait 90m2, elle dispose de quatre pièces dont une cuisine de 16m2, un salon, une salle de bains et de deux chambres. Je la chauffe au bois. Selon les saisons, je ne les utilise pas toutes de la même manière : l’hiver, le salon est très difficile à chauffer… Ce serait du gaspillage que d’essayer de le faire. Le cas échéant, je préfère mettre un gros pull plutôt que de remettre une bûche, et du coup, j’investis un peu plus ma chambre.
Le cercle vertueux du compost
Je récupère l’eau de pluie que je consomme ponctuellement. J’aimerais pouvoir la boire tous les jours mais je n’ose pas vraiment acheter le matériel nécessaire à la purification. Vivant seule, j’ai peur que ça fasse un trop gros investissement pour mes seuls besoins.

 

La façade de la maison après rénovation (DR).

 

J’ai définitivement arrêté de prendre des bains, même si j’aimais beaucoup ça. Je ne prends plus que des douches. De la même manière que j’ai des toilettes sèches, dont je vide le contenu dans le composteur. Compost dont je me sers dans le potager, où poussent des légumes que je consomme. Rien ne se perd. D’autant que je suis devenue quasiment végétarienne : si des amis qui m’invitent à dîner préparent de la viande ou du poisson, j’en mangerai. Mais pour moi, au quotidien, je ne m’en fais plus.
Je culpabilise à cause de mon lave-linge
J’ai aussi essayé de restreindre un maximum mon utilisation de produits électroménagers, même s’il faut l’avouer, c’est difficile. J’avais un bel aspirateur Dyson dont je me suis séparée, le sol de la maison étant à la fois en bois et en dalle de terre crue, il ne me servait à rien. J’ai débranché mon frigo pendant un temps, l’expérience a été concluante… sauf pour mon chien, dont la nourriture devenait difficile à conserver (il faut se rendre à l’évidence, la viande à l’air libre… ça pue et c’est dangereux). Je l’ai rebranché, mais il consomme très peu. La chose qui me fait vraiment culpabiliser en ce moment, c’est d’avoir racheté un petit lave-linge parce que je ne m’en sortais plus à laver mes draps à la main.
J’ai tenté une dernière expérience récemment, à savoir la suppression pure et simple de ma poubelle. Ça m’a poussé à réfléchir à mes pratiques de consommation, notamment en ce qui concerne les emballages. Bilan : je n’arrive pas à me débarrasser de mes emballages plastiques, moyennant quoi je me suis responsabilisée par rapport à certains achats… Aujourd’hui, je sors la poubelle une fois tous les deux ou trois mois, mais elle est loin d’être pleine.
« C’est une folle »
Du point de vue social, je dois dire que ce mode de vie est assez limitant. Voire compliqué. Au village, je sais très bien que quand les gens parlent de moi, je suis « la folle ». Je suis cette marginale qui vit volontairement dans un environnement très précaire. J’essaie de m’en moquer parce que je sais que quelque part, j’ai raison d’essayer de vivre le plus écologiquement possible, vu l’état de la planète. Le paradoxe, c’est qu’en plus, je n’ai jamais l’impression d’en faire assez.
Au niveau collectif, je suis catastrophée par ce qu’on est en train de faire de l’environnement. Je ne comprends pas qu’il n’y ait pas de réflexion globale autour de l’élevage intensif et de l’agriculture à la française, par exemple.
Parfois, on me demande si je ne voudrais vivre dans davantage de confort. Honnêtement, cela ne me fait pas du tout envie. Je suis à un moment de ma vie où je sais que je ne retrouverai pas de travail : je suis une femme de 57 ans. Je veux bien faire l’économie de beaucoup de choses, mais pas de la lucidité. Je préfère désormais me consacrer à vivre entièrement plutôt que de perdre du temps à courir derrière des billets verts. J’ai déjà beaucoup travaillé dans ma vie, je prendrai ma retraite dès que possible. En espérant, peut-être, susciter des vocations.

Source :leplus.nouvelobs.com

 

Une maison écologique et on la prend pour une folle !

Posté par Pacifique FM – Officiel sur vendredi 25 décembre 2015

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