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Les abattages de loups se multiplient : non sevrés, ils sont déjà chassés… injustement

La chasse au loup serait-elle relancée ? Pour la période 2015-2016 en France, 32 loups ont été officiellement abattus sur un quota de 36. Cet animal est-il vraiment « nuisible » à l’encontre des éleveurs ? Peut-on véritablement lui imputer l’ensemble des dégâts répertoriés en France ? Pierre Athanaze, président de l’association Action Nature, tient à mettre les choses au clair.

Édité par Louise Auvitu  Auteur parrainé par Muriel Fusi

Un arrêté ministériel fixe à 36 le nombre de loups qui pourront être abattus pour la période 2015-2016. (ARDEA/M. EVANS/SIPA)

 

Malgré son statut d’espèce protégée, la survie des loups est menacée en France. Les ministres de l’Écologie et de l’Agriculture ayant cédé aux chasseurs et aux éleveurs de moutons, un quota de chasse de 36 loups a été décidé, et les grands moyens sont donnés au monde de la chasse pour réaliser ce tableau de chasse unique en Europe.

 

Ce n’est pas la première année qu’un quota de loup est promis aux syndicats agricoles et aux fédérations de chasse. En 2014, 19 loups avaient été abattus sur les 24 qui avaient été autorisés. Les effectifs avaient significativement baissé, passant de 301 individus en 2014, à seulement 281 pour cette année.

 

Pas encore sevrés, mais déjà chassés

 

Pour arriver au quota des 36 loups à abattre, soit 13% de la population française, les pouvoirs publics ont fermé les yeux sur la réglementation.

 

Le loup bien, qu’officiellement toujours protégé, se trouve dans une situation bien pire que s’il avait rejoint le renard, la fouine ou le ragondin sur la terrible liste des espèces « nuisibles » qui permet déjà l’utilisation de très nombreux moyens pas très sympathiques pour les « détruire ».

 

Ainsi, les loups sont dorénavant chassés dix mois sur douze, ce qui signifie que même lorsque les louveteaux ne sont pas encore sevrés, la chasse est ouverte !

 

Le tir des loups est autorisé la nuit, ce qui est interdit pour les espèces gibier et très réglementé pour les espèces dites « nuisibles ». Dans certains départements, les chasseurs et lieutenants de louveterie sont équipés de fusils de précision équipés de système de vision nocturne.

 

En clair des armes de guerre, interdite tout autant pour la chasse que pour la « destruction » des nuisibles. Des caméras thermiques ont également été mises à disposition des chasseurs pour traquer le grand méchant loups au plus profond de nos montagnes et de nos forêts !

 

Après 1h30 de diapositives, un chasseur peut participer à des battues

 

Cet arsenal de guerre avait déjà été employé l’an dernier. Mais les chasseurs n’avaient pas réussi à atteindre l’objectif affiché. Aussi, les préfets ont déréglementé plus encore la chasse au loup.

 

Le très controversé « Plan Loup » stipulait que les chasseurs autorisés à tirer le canidé devaient avoir une formation. Cette disposition a été très profondément revisitée par des préfets imaginatifs.

 

On voit ainsi des formations express s’organiser dans les salles des fêtes des communes. Au bout d’une heure et demi de diapositives et de discussions passionnées, les nemrods se voient décernés non seulement le droit de tirer les loups, mais également aussi, celui d’encadrer leurs amis chasseurs, non « formés » pour des battues au loup.

 

Les pouvoirs publics n’ont ainsi plus aucun moyen de contrôler ce qui se passe dans ces battues. Et comme si cela ne suffisait pas, le droit a été donné aux chasseurs de tirer le loup, dès lors qu’ils sont à la chasse au « grand gibier » (cerf, chamois, chevreuil…). Ce qui multiplie de façon exponentielle le nombre de battues, sans aucun contrôle possible.

 

Les naturalistes qui suivent les meutes de loups sont très inquiets et notent l’absence de bien plus de loups qu’il n’en est officiellement déclaré abattus. Ce nombre dépend de la seule bonne volonté des chasseurs d’annoncer le nombre de cadavres de loups. La démission de l’État est désormais totale.

 

Des « permis de tuer » qui se distribuent comme des petits pains

 

Ce zèle des chasseurs s’explique par leurs craintes de voir les loups s’attaquer à  « leur » gibier. Tout comme – mais on le comprend mieux – les éleveurs ne souhaitent pas voir leur mouton attaquer par les grands prédateurs, les chasseurs eux, qui pourtant nous répètent qu’ils sont les garants des équilibres naturels, font fi de toutes les études scientifiques démontrant l’intérêt de la prédation pour la fonctionnalité des écosystèmes.

 

D’autres préfets, comme celui des Hautes-Alpes, n’ont même pas pris l’élégance de camoufler ces « permis de tuer » les loups par de pseudo-formations. Un arrêté de la préfecture des Hautes-Alpes autorisent les 9.000 chasseurs du département à tirer sur les loups !

 

En Lozère, où un seul loup est peut-être présent, quelques 599 chasseurs se sont vu autoriser à traquer le potentiel seul et unique loup du département !

 

Des personnes séquestrées et l’État ne réagit pas

 

Bien entendu, tout cela est complètement illégal. Ne serait-ce qu’au regard de la directive européenne « habitats ». Mais nos ministres de l’Écologie et de l’Agriculture se sont « rapprochés » du commissaire européen, et au prétexte de maintenir la paix dans nos campagnes, ont obtenu de lui, qu’il calme ses services qui ont été saisis d’une plainte de l’association française « Action Nature Rewilding France » en juillet. Mais le prétexte du maintien de l’ordre ne tient pas. Bien au contraire.

 

On a vu que cela donnait plutôt des velléités d’obtenir plus, de la part des syndicats agricoles passés maître dans l’art de la surenchère. Ainsi, un commando d’éleveurs savoyards à séquestré le président du parc national de la Vanoise, son directeur et un agent, du 1er au 2 septembre. Leur revendication : l’abattage de cinq loups supplémentaires. Leurs prisonniers libérés, le préfet prenait un arrêté autorisant le tir de six loups de plus !

 

Constatant qu’une nouvelle fois, l’État avait capitulé en rase campagne devant le dictat des éleveurs, les protecteurs du loup s’attendaient, qu’au moins, la ministre de l’Écologie, qui a la tutelle des parcs nationaux, porte plainte contre les organisateurs de ce coup de force. Mais il n’en a rien été. Le président du parc et ses collaborateurs ont été doublement lâchés par leur ministre !

 

Les dégâts attribués au loup sont exagérés

 

Ici ou là, les éleveurs font le coup de force, déposent des cadavres de brebis devant les préfectures ou sous-préfectures. Même là où la présence du loup est plus que douteuse.

 

Ainsi, les éleveurs du Larzac, multiplient les coups d’éclat afin de faire porter à un hypothétique loup, que personne n’a vu et dont aucune trace n’a été trouvée nul part, les dégâts très certainement causés par des chiens.

 

Mais si les chiens sont responsables d’attaques et que leur propriétaire n’est pas identifié, il n’y a pas d’indemnisation. Si le propriétaire est identifié, son assurance dédommagera les dégâts au prix du marché.

 

Ainsi si l’État accepte que l’on impute les dégâts au loup. Les animaux tués sont alors remboursés deux à trois fois le prix du marché, plus une indemnisation forfaitaire par attaque.

 

La liste des dégâts attribués au loup est démesurément exagérée au regard de la réalité des faits. Tout le monde le sait, mais cela fait des années que des sommes dépassant le million d’euros sont versées en pure perte, au prétexte du loup. Et que le loup est accusé par les pouvoirs publics de bien plus d’attaques sur troupeaux qu’il n’en commet en réalité.

 

Inspirons-nous de l’Italie ou de l’Allemagne

 

Ainsi, on gaspille l’argent public en pure perte et on massacre la faune sauvage au nom de la défense de l’agriculture. Aucune solution durable n’est apportée à la protection des troupeaux !

 

La France a opté pour le système le plus couteux et le moins efficace d’Europe pour la cohabitation grands prédateurs/pastoralisme. L’abattage d’un loup n’empêchera jamais le loup suivant d’attaquer le même troupeau si celui-ci n’est pas mieux protégé. Rembourser les dégâts sur un troupeau, même à tarif exorbitant, ne le protègera pas d’une potentielle attaque suivante.

 

Nos voisins allemands, qui eux aussi voient le loup revenir sur leur terre depuis la Pologne voisine, n’indemnisent que la première attaque et aide à la protection des exploitations. Il n’y a plus de remboursement pour d’éventuels autres dégâts. Et ça marche.

 

Les Italiens, eux, ont choisi de laisser les assurances privées, indemniser les moutons tués par les loups. L’état subventionnant les agriculteurs pour les polices d’assurance. Du coup, fort logiquement, les assurances ne remboursent les dégâts que s’ils ont été commis par des loups, et non pas des chiens, et que si les troupeaux sont effectivement protégés.

 

Loin d’être ce qui se passe en France, où les mêmes élevages se voient indemnisés des dégâts autant de fois que des moutons sont tués par des loups, mais aussi, pas des « grands canidés ». Terme technique qui comprend 60% des attaques dont l’auteur est peut-être un loup, peut être un chien. 20% des attaques sont formellement imputables au loup. Et 20% également, sont de façon certaine causées par des chiens.

 

Cet argent public pourrait bien plus utile ailleurs

 

Il convient donc de sortir de ce système qui, année après année, démontre son inefficacité et mobilise un part d’argent public qui serait bien plus utile ailleurs.

 

Y compris à des solutions durables pour les éleveurs et bergers dont tout le monde sait qu’ils ne pourront continuer à pratiquer ce type d’activités agricoles qui ne doivent leur maintien qu’aux largesses à la PAC (Politique agricole commune) qui connaît ses toutes dernières années d’application.

 

Aussi, il est scandaleux que les organisations agricoles, chambres d’agricultures, ainsi que le ministère de l’Écologie, continuent de faire croire que le maintien du pastoralisme « à la française » ne serait compromis que par la présence de moins de 300 loups dans un pays de 547.030 km2. Chacun camouflant son impossibilité de juguler des importations massives et à bas prix d’agneaux de Grande-Bretagne ou de Nouvelle-Zélande derrière « le grand méchant loup ».

 

Tant que ce dossier sera abordé par le petit bout de la lorgnette, on jettera l’argent public par la fenêtre, on massacrera la faune sauvage en pure perte et on condamnera à court terme des centaines de foyers de nos montagnes qui verront très prochainement leur emploi ou leur exploitation disparaître sans qu’aucune piste de reconversion ne leur aient jamais été proposée, ni même seulement étudiée.

 

La présence des loups dans nos montagnes est souhaitable

 

Les victimes de ce marché de dupe sont les éleveurs et leurs bergers. Mais chacun préfère agiter le loup et les écolos comme bouc-émissaire, et ainsi dissimuler leur incompétence coupable.

 

Car si on peut comprendre qu’il n’est pas simple, et peut-être même impossible, pour le gouvernement, les pouvoirs publics et les organisations agricoles, de vaincre la mondialisation, il est criminel de laisser perdurer une situation qui ne pourra que se transformer en crise sociale de forte ampleur dans nos campagnes.

 

L’élevage ovin n’est certes qu’une toute petite partie de l’économie de montagne, très loin derrière le tourisme, et la filière bois, les deux principales activités économiques montagnardes. Toutes deux d’ailleurs, auraient tout intérêt à une présence durable du loup dans nos contrées.

 

La présence du loup étant très importante pour limiter les dégâts des herbivores à la régénération forestière. Quant à l’éco-tourisme, on voit chaque année des dizaines de guides nature encadrer des séjours pour la découverte du loup. Mais dans les Abruzzes (Italie) ou Espagne. Ce qui génère un manque à gagner très important pour les structures d’accueils, gites et chambres d’hôtes en France.

 

Ce silence arrange tout le monde

 

De tout cela, il n’est depuis plus d’un an plus questions d’en débattre. Le ministère de l’Écologie refuse de rencontrer les associations de protection de la nature pour parler du loup. Le Comité national loup se tient depuis un an et demi sans la présence des protecteurs de la nature.

 

Il faut croire que cela arrange bien les pouvoirs publics et les chasseurs. Mais également, les organisations agricoles totalement complices de ce manque de clairvoyance.

Pas encore sevrés ils sont déjà abattus !

Posté par Pacifique FM – Officiel sur vendredi 25 décembre 2015

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